Café en crise : pourquoi le prix va encore augmenter
De plus en plus de consommateurs ont constaté, ces derniers mois, une augmentation soudaine du prix ou même la disparition de certains produits courants en supermarché. Après l’huile ou les œufs, l’attention se tourne désormais vers un autre aliment essentiel du petit-déjeuner : le café. Les professionnels du secteur, ainsi que des associations de consommateurs, alertent sur une matière première devenue instable. La cause principale : des aléas climatiques et maritimes qui compliquent la production et la logistique. La prochaine hausse des prix est également à prévoir.
Une menace de pénurie de café à l’horizon
Le café, ingrédient de base dans de nombreux foyers, est au centre des inquiétudes concernant une possible pénurie en supermarché pour 2025-2026. En un an, certains paquets ont vu leur prix augmenter jusqu’à 46 %, avec une hausse moyenne d’environ 18 % sur une cinquantaine de références. Sur deux ans, cette augmentation atteint 23 %. Le prix moyen tourne autour de 31 euros par kilogramme, avec des grains ou du café moulu proches de 20 €/kg, et des capsules pouvant atteindre 60 €/kg. La question qui se pose est simple : faut-il constituer un petit stock avant le 15 du mois ?
Les prix du café en hausse, une tendance mondiale
Dans les rayons français, cette hausse des prix reflète celle des marchés mondiaux. En 2024, le cours du café arabica a grimpé d’environ 90 %, atteignant près de 3,48 dollars la livre, soit un peu plus de 7 euros le kilo. Selon l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, ces denrées importées connaissent une forte volatilité, réagissant rapidement aux récoltes et aux coûts de transport.
Les deux principaux pays producteurs, le Brésil et le Vietnam, ont connu des conditions climatiques extrêmes telles que sécheresses, pluies abondantes et gelées, qui ont endommagé les plantations. Ces crises ont réduit les récoltes et épuisé les stocks, alors que la demande mondiale de café reste forte. Cette situation alimente la spéculation sur les matières premières et alarme certains économistes et l’UFC-Que Choisir, qui craignent que le café ne devienne un produit de luxe.
Les facteurs qui pourraient aggraver la pénurie
Au-delà du climat, la logistique joue également un rôle crucial. Les routes maritimes, notamment autour de la mer Rouge, sont perturbées, obligeant les cargos à parcourir des trajets plus longs entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Ces retards entraînent une augmentation des coûts de fret et une réduction des marges pour les importateurs de café. Par ailleurs, dans plusieurs pays producteurs, des indicateurs comme l’indice de rupture Neogrid montrent déjà une hausse des ruptures de stock en supermarché, tout comme pour le sucre ou l’huile d’olive.
En France, la situation évoque celle des œufs, qui connaissent également des pénuries depuis plusieurs mois. Une étude de l’UFC-Que Choisir, publiée en février 2026, explique que ces pénuries sont principalement dues à un déséquilibre entre l’offre et la demande. Une amélioration est attendue à partir de juin 2026. Pour le café, la même logique s’applique : baisse des récoltes, logistique compliquée et forte consommation pourraient entraîner à terme des ruptures de stocks et moins de promotions en magasin.
Comment se préparer à une éventuelle pénurie de café
Se constituer un petit stock de café ne signifie pas faire des réserves excessives. Il est recommandé de rassembler une quantité modérée, suffisante pour quelques semaines ou mois. Il est préférable d’acheter du café en grains, qui se conserve mieux que le café moulu, car il est moins poreux. Le café torréfié conserve ses qualités optimales pendant 3 à 4 semaines à l’air libre, et jusqu’à 12 mois si stocké dans un endroit sec, sombre et à température stable.
