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Fritures Réutilisées : un Risque Silencieux pour votre Cerveau

Une huile de friture réutilisée suspectée d’impacter le cerveau

Dans de nombreuses cuisines françaises, la friture reste un incontournable : frites maison, beignets ou nuggets pour les enfants. Si l’on sait déjà que ces plats peuvent être mauvais pour le cœur, de nouvelles études pointent un autre danger, moins visible : l’huile de friture réutilisée, qui pourrait avoir des effets néfastes sur le cerveau.

Les risques liés à la réutilisation de l’huile de friture

Les chercheurs s’intéressent moins aux aliments en eux-mêmes qu’à la façon dont ils sont cuits dans l’huile. La pratique consistant à réutiliser l’huile plusieurs fois, souvent par habitude ou pour faire des économies, pourrait favoriser le développement de mécanismes liés aux maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson. Cette hypothèse inquiète car elle concerne la santé cérébrale à long terme.

Pourquoi l’huile réutilisée inquiète-t-elle les spécialistes ?

Réutiliser l’huile, que ce soit à la maison ou dans la restauration rapide, semble logique face au coût élevé du bidon ou à la simplicité de la démarche. Cependant, à chaque usage, l’huile se charge en composés toxiques tels que l’acrylamide, les graisses trans ou certains peroxydes. Ces substances, une fois ingérées, circulent dans l’organisme.

Une étude menée par la Central University of Tamilnadu, en Inde, a testé l’effet de ces huiles sur des souris. Pendant un mois, les animaux ont été nourris avec une alimentation standard ou enrichie en huile de sésame ou de tournesol, fraîche ou réchauffée. Les résultats montrent que les souris exposées aux huiles réchauffées présentaient plus de stress oxydatif, d’inflammation du foie, et des lésions du côlon. Selon les chercheurs, cela perturbe le métabolisme des lipides, ce qui prive le cerveau de bonnes matières grasses essentielles à son bon fonctionnement, pouvant entraîner une neuro-dégénérescence.

Les effets de la friture sur le corps

Les experts décrivent un processus en chaîne. D’abord, l’huile dégradée endommage le foie et le côlon, augmentant le stress oxydatif et l’inflammation. Ensuite, cela perturbe l’axe reliant le foie, l’intestin et le cerveau, un réseau de signaux vital pour la santé. Le cerveau reçoit alors moins d’acides gras protecteurs, comme certains oméga 3, indispensables à son équilibre.

Chez l’humain, plusieurs études observationnelles confirment ces préoccupations. Un travail sur la cohorte UK Biobank indique qu’une augmentation de 10 % des aliments ultra-transformés, souvent riches en fritures, augmente d’environ 25 % le risque de développer une démence. À l’inverse, remplacer 10 % de ces aliments par des produits peu transformés réduit ce risque d’environ 19 %. Si ces données ne prouvent pas directement que l’huile de friture cause Alzheimer ou Parkinson, elles renforcent néanmoins les soupçons.

Conseils pour limiter les risques au quotidien

Il n’est pas nécessaire de bannir complètement la consommation de frites ou de plats frits, mais il est conseillé de limiter leur fréquence. Pour la maison, il est préférable de ne pas réutiliser l’huile, ou de le faire une seule fois maximum, en évitant qu’elle ne fume, puis en la filtrant et en la conservant au frais. Alternativement, des méthodes comme la cuisson à l’air chaud, le four préchauffé ou une poêle huilée permettent d’obtenir des plats croustillants avec moins de matières grasses.

Dans la restauration rapide, espacer les repas très frits est aussi une façon simple de préserver sa santé cérébrale.

Source : American Society for Biochemistry and Molecular Biology

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