Attention à votre repas au micro-ondes : un danger insoupçonné
Chaque jour, lors de la pause déjeuner, beaucoup de personnes sortent leur repas du sac, le mettent dans un récipient en plastique, le percé à l’aide d’un film et le réchauffent au micro-ondes. Cette pratique, pratique et rapide, est souvent considérée comme inoffensive. Pourtant, des médecins mettent en garde contre les risques pour la santé liés à cette habitude.
Le Dr Amir Khan, médecin généraliste connu pour ses interventions médiatiques, explique qu’il ne réchauffe plus ses plats dans du plastique, notamment à cause des études qui évoquent des liens possibles, même non prouvés définitivement, entre cette pratique et certaines maladies comme la démence ou des troubles des artères carotides.
Les recommandations des experts
Le Dr Khan n’est pas le seul à alerter sur le sujet. La Dre Shanna Swan, épidémiologiste de renom à l’École de médecine du Mont Sinaï, à New York, insiste sur le danger de réchauffer ses aliments dans du plastique au micro-ondes. Elle recommande de ne jamais mettre de plastique dans un appareil de cuisson, même s’il est marqué « micro-ondable ».
Selon elle, lorsque le plastique est chauffé, il peut libérer des substances chimiques comme le BPA, les phtalates ou le styrène. Ces composés peuvent migrer dans la nourriture, surtout si le plastique est vieux, rayé, ou si les aliments sont gras. Le Dr Brian Helfand, oncologue, explique que cette exposition répétée peut perturber le système hormonal et causer des dommages cellulaires, augmentant ainsi le risque de cancer à long terme.
Ce que disent les études scientifiques
Une étude de 2024 menée à l’université du Nebraska-Lincoln montre que le chauffage au micro-ondes de contenants en polypropylène ou en polyéthylène peut libérer une quantité importante de micro et nanoplastiques. Ces particules se retrouvent dans le liquide chauffé, et en laboratoire, environ 75 % des cellules rénales embryonnaires exposées à ces particules ont été détruites en moins de deux jours.
Les chercheurs s’inquiètent aussi des additifs présents dans le plastique, comme le BPA et les phtalates. Selon une étude publiée en 2023 dans le Journal of American Nutrition, ces substances sont des perturbateurs endocriniens, susceptibles d’interférer avec la production d’hormones comme la testostérone ou les œstrogènes. Elles pourraient aussi être liées à l’obésité infantile. Les quantités ingérées via la nourriture semblent faibles, mais leur impact à long terme reste encore mal compris.
En réponse à ces risques, la Commission européenne a interdit en 2024 le bisphénol A (BPA) dans les matériaux destinés au contact alimentaire, suite à l’avis de l’EFSA. L’Anses recommande de limiter le chauffage dans du plastique au micro-ondes, d’éviter les barquettes réutilisées et de privilégier des récipients en verre ou en céramique pour réchauffer ses repas.
