Révolution dans votre cuisine : réduire l’hypertension avec un substitut de sel
Dans de nombreuses cuisines, la salière est un réflexe automatique, aussi naturel que de poser son assiette sur la table. Pourtant, l’hypertension artérielle concerne environ un adulte sur trois en France et augmente le risque d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus.
Des chercheurs chinois ont récemment montré qu’un simple changement de sel pouvait faire une réelle différence. Chez plus de 600 seniors, remplacer le sel classique par un substitut de sel au potassium a permis de réduire de 40 % l’apparition de l’hypertension. Reste à savoir quel produit choisir, et pour quels profils cette démarche est adaptée.
Pourquoi trop de sel traditionnel nuit à la tension artérielle
L’hypertension concerne près de 1,28 milliard d’adultes dans le monde, avec des millions de décès chaque année liés aux maladies cardiovasculaires. Une consommation excessive de sodium entraîne la rétention d’eau dans le corps, ce qui augmente le volume sanguin et la pression dans les artères.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, il est recommandé de consommer moins de 2 000 mg de sodium par jour, soit moins de 5 g de sel, et d’assurer un apport d’au moins 3 510 mg de potassium. La Société française d’hypertension artérielle recommande notamment un minimum de 3,5 g de potassium par jour, principalement via l’alimentation. Cependant, changer de sel peut aider certains profils à mieux gérer leur tension.
Le substitut de sel au potassium : une solution testée par les chercheurs
Un sel de régime au potassium combine le sel de table et le chlorure de potassium. Lors de l’essai DECIDE-Salt en Chine, il contenait 62,5 % de chlorure de sodium, 25 % de chlorure de potassium et 12,5 % d’arômes. Ce type de sel est parfois désigné sous les termes « sel de régime », « sel diététique au potassium » ou « sel allégé en sodium ». À l’inverse, le sel rose ou la fleur de sel restent principalement riches en sodium.
Plus de 600 personnes âgées de 55 ans et plus, sans traitement antihypertenseur, ont été suivies pendant deux ans. Les résultats montrent que l’utilisation de ce sel enrichi en potassium a permis de réduire de 40 % le nombre de nouveaux cas d’hypertension (60 contre 95 avec le sel classique). La tension systolique a diminué en moyenne de 8 mmHg, et la diastolique de 2 mmHg, sans augmentation notable des épisodes d’hypotension. Selon le Dr Yangfeng Wu, principal auteur de l’étude, cette solution permet aux consommateurs de réduire les risques cardiovasculaires tout en conservant le plaisir de la saveur des plats. Une autre étude, la SSaSS, menée sur près de 21 000 hypertendus, a aussi montré une baisse de 14 % des AVC, 13 % des événements cardiaques majeurs, et 12 % des décès liés à l’utilisation de ce type de sel où un quart du sodium est remplacé par du potassium.
Comment choisir ce sel au potassium… et dans quels cas l’utiliser avec précaution
Ces sels se trouvent souvent au rayon des assaisonnements ou des produits diététiques. Quelques conseils pour bien les repérer :
- Recherchez des mentions telles que « pauvre en sodium », « substitut de sel » ou « enrichi en potassium ».
- Vérifiez la liste des ingrédients pour repérer la présence de « chlorure de potassium ».
- Évitez de confondre ces produits avec les sels fantaisie (Himalaya, fumé, aromatisé), qui restent généralement riches en sodium.
Il est conseillé d’introduire progressivement ces substituts dans l’alimentation, en commençant par la salière, puis en les utilisant lors de la cuisson. L’utilisation d’herbes, d’épices, de citron ou de vinaigre peut également aider à conserver le plaisir gustatif sans augmenter la quantité de sel consommée.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire met en garde contre l’usage des substituts de sel à base de potassium chez les personnes à risque d’hyperkaliémie, comme celles souffrant d’insuffisance rénale, de diabète, d’insuffisance cardiaque, ou sous traitement antihypertenseur. En effet, certains médicaments, comme les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, les sartans ou la spironolactone, peuvent augmenter le taux de potassium sanguin. Pour ces profils, l’usage doit rester sous surveillance médicale, et il est recommandé d’en parler à son médecin avant de modifier ses habitudes. Par ailleurs, il est conseillé d’augmenter naturellement l’apport en potassium via la consommation régulière de fruits, légumes, légumineuses ou produits laitiers, pour gérer la tension en toute sécurité.
Sources
- Top Santé
« Utiliser cet ingrédient à la place du sel pourrait fortement réduire l’hypertension »
