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Mâcher en toute liberté : la clé pour transformer votre plaisir à table

Une habitude à table qui pourrait améliorer le plaisir de manger

Depuis l’enfance, on nous enseigne qu’il faut mâcher en silence, les lèvres fermées. Pourtant, une étude britannique menée par des chercheurs de l’Université d’Oxford remet en question cette règle. Selon eux, une habitude considérée comme malvue pourrait en réalité augmenter le plaisir lors du repas.

Les chercheurs ont étudié une façon de mâcher appelée « mastication relâchée », où l’air circule plus librement pendant la bouchée, en laissant la bouche entrouverte. Ce comportement influence tout un ensemble de phénomènes liés aux molécules aromatiques, au nez et aux oreilles.

Pourquoi manger la bouche ouverte peut être bénéfique

Le psychologue Charles Spence, spécialiste de la perception sensorielle, défend cette idée. Dans une étude publiée en 2017, il montre que cette manière de mâcher permet de libérer davantage de composés organiques volatils (COV). Ces petites molécules aromatiques, qui stimulent notre odorat, jouent un rôle essentiel dans la perception des saveurs.

En effet, sans olfaction, nos papilles gustatives ne perçoivent qu’une partie des saveurs. Comprendre ce mécanisme pourrait changer notre façon d’envisager les bonnes manières à table.

Le rôle de l’olfaction rétronasale

Concrètement, en mâchant la bouche entrouverte, l’air circule plus facilement et transporte les arômes vers le nez par l’olfaction rétronasale. Ce phénomène est comparable à celui utilisé en œnologie, où l’on aspire de l’air pour faire exploser les arômes d’un vin.

Les composés organiques tels que cétones, terpénoïdes ou esters atteignent plus facilement les neurones olfactifs lorsque la bouche reste entrouverte. Cela donne une impression de goût plus riche et plus intense. À l’inverse, une mâchoire serrée limite cette circulation, ce qui atténue la perception des nuances, comme si l’on se bouchait partiellement le nez.

Le son des aliments croquants, un autre atout

Selon Charles Spence, le son joue aussi un rôle important dans la perception du plaisir. Il explique que nous apprécions particulièrement les aliments bruyants comme les chips ou les pommes. Ces aliments croquants, comme les carottes ou le pain croustillant, semblent plus frais et plus agréables quand leur bruit est audible.

Une expérience avec des chips Pringles a montré que en amplifiant le volume du craquement, les chips paraissent environ 15 % plus fraîches et croustillantes. Le cerveau associe spontanément un bruit fort et une texture de qualité, ce qui renforce le plaisir. En mâchant de façon relâchée, on peut simultanément profiter de l’effet sonore et aromatique.

Jusqu’où peut-on adopter cette pratique sans gêner ?

Il est important de noter que la science de Charles Spence parle de plaisir sensoriel, et non de l’obligation d’ignorer les autres. Certaines personnes, notamment celles souffrant de misophonie, supportent mal les bruits de mastication. Il convient donc de rester attentif à l’environnement et aux autres convives.

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