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Ventes de vin en chute : rouge et rosé délaissés au profit du blanc

Les ventes de vin rouge et de vin rosé connaissent une baisse significative dans les supermarchés français. Selon le cabinet d’études Circana, près de 35 millions de bouteilles ont quitté les caddies en un an, ce qui représente une chute de 4,2 % des ventes.

Le vin rouge, autrefois incontournable, a perdu 5,1 % de ses ventes, tandis que le rosé a reculé de 6 %. En revanche, le vin blanc affiche une légère progression en volume (+0,6 %) et en valeur (+2 %). Cette tendance montre que les Français achètent moins de vins rouges et rosés, mais se tournent davantage vers des vins plus clairs, plus légers, adaptés aux nouvelles habitudes alimentaires. Cette évolution soulève des questions sur nos goûts et nos comportements en matière de santé.

Une baisse marquée pour le rouge et le rosé

Malgré tout, le vin rouge reste le plus vendu en grande distribution avec 325 millions de bouteilles par an, devant le rosé (280 millions) et le vin blanc (185 millions). Cependant, l’écart entre ces catégories se resserre trimestre après trimestre.

Ce changement traduit une évolution des habitudes. Ce qui était autrefois considéré comme un réflexe automatique, comme boire un verre de rouge au repas ou consommer du rosé dès l’arrivée du soleil, devient une pratique plus ponctuelle.

Une tendance de fond depuis plusieurs décennies

Selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin, la consommation de vin en France a presque été divisée par deux depuis les années 1960, passant d’environ 46 millions d’hectolitres à près de 24 millions en 2023. Les données de FranceAgriMer confirment cette baisse, tout en montrant que les Français achètent moins de vin, mais en privilégiant des bouteilles plus coûteuses et de meilleure qualité.

Les raisons du recul du vin rouge et rosé

Le vin rouge souffre d’un décalage avec les goûts actuels. Considéré comme trop puissant, riche en tanins et parfois trop alcoolisé, il est moins en phase avec l’évolution des repas, qui privilégient désormais les viandes blanches, les poissons et une alimentation plus végétarienne. Les recommandations nutritionnelles, qui invitent à limiter la consommation de charcuteries et de viandes rouges, influencent aussi la consommation de vin rouge.

Pour le rosé, c’est surtout la météo qui joue un rôle. L’été 2024 très pluvieux et un début d’année 2025 humide ont réduit les moments conviviaux traditionnels comme les apéros en terrasse ou les barbecues, où le rosé est souvent consommé en grande quantité. Par ailleurs, les habitudes d’apéritif évoluent : analyses rapportées par Boursorama et BFM Business montrent une montée en popularité des bières légères ou sans alcool, des cocktails dilués ou des boissons sans alcool, favorisant une convivialité moins alcoolisée.

Le vin blanc et les boissons plus légères en croissance

Dans ce contexte, le vin blanc connaît une progression. Ses ventes augmentent légèrement en volume, mais surtout en valeur, avec une croissance entre 3,6 % et 6,8 % pour les vins blancs labellisés AOP ou IGP. La région de Bourgogne, longtemps réputée pour ses vins rouges, produit désormais 70 % de vins blancs.

Un caviste lyonnais explique que ces vins clairs sont appréciés pour leur convivialité, notamment auprès des jeunes qui découvrent le vin à travers le vin blanc lors des apéritifs.

Les études relayées par BFM Business évoquent une consommation plus sélective : moins de vin en général, mais davantage de cuvées premium, bio ou perçues comme plus respectueuses de l’environnement. La santé publique recommande de limiter la consommation à 10 verres standard par semaine, avec des jours sans alcool. Beaucoup de jeunes cherchent ainsi à conserver le rituel social du partage, tout en réduisant la quantité d’alcool qu’ils consomment. La modération reste essentielle, car l’abus d’alcool peut être dangereux pour la santé.

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