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Attention à cette erreur qui ruine vos tomates Cœur de Bœuf

Une erreur courante au potager : couper une petite tige qui peut ruiner vos récoltes

Au début juin, lors de la culture des tomates Cœur de Bœuf, une scène a marqué un jardinier. Alors qu’il s’apprêtait à pincer un gourmande bien dodu situé sous la première grappe, son voisin maraîcher lui a interpellé : « Pas ceux-là. Laisse-les. » Ce conseil, donné par un professionnel avec trente ans d’expérience, a surpris. En général, il est conseillé de supprimer tous les gourmands, ces petites tiges situées entre la tige principale et une feuille latérale, pour favoriser la croissance.

Ce malentendu reflète une règle souvent méconnue dans le jardinage : il ne faut pas couper toutes les petites tiges. En réalité, certains gourmands jouent un rôle essentiel pour la santé et la productivité de la plante. En suivant une méthode précise, il est même possible de transformer ces tiges en plants gratuits, ce qui peut représenter une économie de plus de 100 € sur le prix des plants achetés.

Pourquoi conserver certains gourmands de tomates

Un gourmand naît toujours à l’aisselle d’une feuille, entre la tige principale et une branche latérale. Ce bourgeon peut devenir une branche à part entière, avec des fleurs et des fruits. Cependant, en le laissant se développer, il partage l’eau et les nutriments avec le reste de la plante. Trop de gourmands, surtout si on ne les contrôle pas, peuvent affaiblir la plante en diminuant ses feuilles, essentielles pour la photosynthèse.

Les maraîchers expérimentés suivent une règle simple : ils laissent généralement deux ou trois gourmands, situés juste sous la première grappe florale. Ces pousses augmentent la surface foliaire, ce qui favorise la photosynthèse et peut augmenter la récolte de 20 à 30 %. Sur des variétés à croissance indéterminée comme la Cœur de Bœuf, cette technique peut faire toute la différence en termes de rendement.

Quand et comment pincer les gourmands

Pour les gourmands situés entre la première et la quatrième grappe, la gestion doit être faite au cas par cas. L’objectif est d’aérer la plante et d’assurer un bon tuteurage. Au-delà de la quatrième grappe, tous les gourmands doivent être supprimés. Ils ne contribuent plus à la croissance de la plante et concurrencent les grappes déjà formées.

Les experts recommandent de pincer ces pousses lorsqu’elles mesurent entre 2 et 5 cm. Cela peut se faire simplement en serrant le bourgeon entre le pouce et l’index, ce qui limite les risques d’infection. La taille dépend aussi de la variété et des conditions météorologiques. Par exemple, les tomates à croissance déterminée comme la Roma ou la Saint-Pierre nécessitent moins de pincements, car elles s’arrêtent naturellement à une taille donnée. Lors d’un été chaud et sec, il est conseillé de laisser plus de feuillage pour protéger les fruits du soleil. En cas d’humidité et de risque de mildiou, il est préférable d’aérer davantage la plante.

Reproduire ses plants gratuitement en bouturant les gourmands

Les gourmands coupés ne doivent pas forcément finir au compost. Selon Sally, une jardinière sur TikTok relayée par Maison et Travaux, il est possible d’obtenir de nouveaux plants de tomates à partir de ces petites tiges. Elle explique que ces pousses latérales poussent entre le tronc principal et les branches. Leur méthode est simple : plutôt que de les jeter, il faut les planter dans un pot de compost ou dans l’eau.

Les gourmands poussent rapidement. En avril, lorsque le sol reste frais et que les gelées sont possibles, bouturer ces tiges permet de préparer une armée de plants en avance. La croissance des jeunes plants est optimale entre 15 et 25 °C. Il est conseillé de raciner d’abord dans l’eau ou dans un pot de 9 à 10 cm rempli de compost, puis de repiquer les plants lorsque la tige atteint environ 20 cm, avec cinq à sept feuilles. Cela évite d’acheter des plants coûteux et limite le risque de perdre une récolte importante.

Il est aussi important d’attendre que les températures nocturnes soient stables, au-dessus de 8 à 10 °C, et que le sol atteigne 12 à 15 °C, pour éviter que les jeunes plants ne gèlent. La patience est essentielle, car un plant plus grand ne garantit pas forcément une meilleure production. La taille et la croissance rapide ne sont pas toujours synonymes de récolte abondante.

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