Les boîtes à pizza menacées de disparition en 2026 à cause des PFAS
Après les pots de confiture, vos boîtes à pizza pourraient disparaître des rayons en 2026
Depuis plusieurs années, les autorités sanitaires mettent en garde contre les risques liés aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Ces composés chimiques, très présents dans l’industrie agroalimentaire, sont utilisés notamment pour rendre les emballages résistants aux graisses et à la chaleur.
Les experts suspectent ces substances d’être à l’origine de plusieurs problèmes de santé, comme une augmentation du mauvais cholestérol ou certains types de cancers. Elles seraient aussi nuisibles à la fertilité, au développement du fœtus, ainsi qu’au foie et aux reins. L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) rappelle que ces substances pourraient également perturber le système endocrinien, notamment la thyroïde, et le système immunitaire.
Une réglementation européenne renforcée à partir de 2026
Face à ces inquiétudes, l’Union européenne a décidé de renforcer la réglementation sur ces substances. Le règlement (UE) 2025/40, publié en janvier 2025, établit des seuils maximum de PFAS dans les emballages en contact avec les aliments. À partir du 12 août 2026, ces emballages non conformes ne pourront plus être commercialisés dans l’UE.
Les produits déjà en rayon avant cette date pourront rester en vente, mais leur stockage dépendra des conditions d’approvisionnement. La mesure concerne principalement les emballages en papier ou en carton traités pour résister aux graisses ou à la chaleur. On les retrouve notamment dans la restauration rapide, pour les boîtes à pizza, les sachets de sandwichs, les emballages de frites, de pop-corn micro-ondable ou de plats préparés.
Le règlement définit largement ce que sont les PFAS, incluant toute substance contenant au moins un groupement carboné fluoré, comme le méthyle ou le méthylène. Toutefois, quelques exceptions sont prévues.
Les industriels s’adaptent déjà
De nombreux acteurs du secteur alimentaire ont déjà commencé à réduire leur utilisation de PFAS. Ils privilégient désormais des solutions alternatives, comme des revêtements à base d’eau, des barrières en amidon ou en cellulose, ou encore des cires végétales.
Vous avez peut-être déjà remarqué que votre boîte à pizza est moins absorbante, ou que le papier de cuisson a une texture différente. À partir du 12 août, tous les emballages devront justifier leur conformité en attestant qu’ils respectent les seuils de PFAS, qu’ils sont recyclables selon la norme EN 13430, et qu’ils respectent des limites de concentration en plomb, cadmium, mercure et chrome VI.
Les fabricants devront également pouvoir présenter ces certificats lors de contrôles effectués par des autorités telles que la DGCCRF ou les douanes. À partir de 2030, le règlement prévoit aussi une augmentation progressive du contenu recyclé dans certains emballages, notamment 30 % pour les bouteilles en plastique à usage unique. Il est également envisagé d’interdire la vente de multi-packs d’eau en bouteille ou d’emballages de fruits et légumes frais de moins de 1,5 kilogramme.
Comment limiter son exposition aux PFAS dans sa cuisine ?
En attendant la mise en place de ces nouvelles règles, il est conseillé de réduire son exposition aux PFAS. Évitez autant que possible les emballages traités contre les graisses, surtout pour les plats très gras ou chauffés. Il ne faut pas réchauffer un plat dans son emballage, qui n’est pas conçu pour cela. Transférez toujours la nourriture dans une assiette avant de la réchauffer.
De plus, si vos poêles antiadhésives sont abîmées ou écaillées, il vaut mieux les remplacer. Privilégiez des matériaux durables comme l’inox ou la fonte. L’association 60 Millions de consommateurs a récemment publié un classement des poêles les plus sûres : le modèle Tefal Excellence arrive en tête avec une note de 17,5/20.
