Insectes et fromage dans la paella : la recette choc qui fait polémique
Dans l’émission culinaire Norbert, commis d’office, diffusée sur la chaîne 6ter, une candidate a surpris en revisitant la traditionnelle paella. Elle y a ajouté des larves appelées « ver de palmier ». L’épisode, intitulé « Amanda, infraction à la paella », a été diffusé le 19 juillet 2026 et repéré par le site Marmiton.
Cette version de la paella mélange riz, épices, fromage et insectes comestibles, loin des versions classiques aux fruits de mer ou au poulet. La candidate, une cuisinière amateur d’origine camerounaise, assume pleinement son choix. Selon elle, ce plat pourrait un jour lui permettre d’ouvrir un restaurant. Cependant, derrière le buzz, une question demeure : que valent réellement ces larves dans l’assiette, et sont-elles sans danger en France ?
Une paella aux larves qui bouscule les codes
Dans une vidéo partagée sur la page Facebook de 6ter, la « paella aux larves » apparaît comme un plat fusion. Le riz safrané espagnol rencontre le fromage français et le ver de palmier. Ces larves blanches, épaisses, peuvent surprendre visuellement. La candidate rappelle qu’elles sont consommées depuis longtemps dans son pays, où elles sont grillées ou sautées, à l’image des crevettes.
Le site Marmiton souligne que ces larves, connues des amateurs d’insectes comestibles, restent rares dans les assiettes en France. L’émission met en lumière un aliment traditionnel dans certains pays, mais perçu comme extrême ici. Elle joue ainsi un rôle de vitrine pour ces insectes, souvent considérés comme inhabituels dans la cuisine française.
Ver de palmier : un insecte au profil nutritionnel intéressant
Le « ver de palmier » désigne en réalité des larves de charançons vivant dans les palmiers. Elles diffèrent des insectes qui attaquent les végétaux en Europe. Selon la FAO, 100 g de ces larves apportent environ 182 kcal, avec 6,1 % de protéines et 13,1 % de lipides. Elles contiennent aussi des minéraux et des vitamines, ce qui motive la recherche pour leur utilisation comme source alternative de protéines.
Ces larves ne sont pas pour autant un « super-aliment » miracle. Leur composition reste relativement grasse, et leur valeur dépend de la portion, de la cuisson et du reste de l’assiette. Manger des insectes peut diversifier l’alimentation, mais cela ne remplace pas nécessairement la viande pour la santé, surtout si l’on consomme déjà suffisamment de protéines. La sécurité doit également être respectée.
Ce que disent les autorités sanitaires
Avant de consommer une paella aux larves, les experts rappellent que les risques dépendent de l’espèce, du mode d’élevage, de l’alimentation, des traitements et de la conservation. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) indique que les études sur les insectes autorisés montrent un risque potentiel d’allergies croisées, notamment pour les personnes allergiques aux crustacés ou aux acariens, en raison de protéines comme la tropomyosine.
Sur le plan juridique, le Règlement (UE) 2015/2283 classe les insectes comme « nouveaux aliments ». Leur vente en Europe nécessite une autorisation préalable, après évaluation par l’EFSA et inscription sur la liste de la Commission européenne. Étant encore peu répandus, il est conseillé de privilégier des filières contrôlées et d’éviter d’improviser avec des larves trouvées au hasard, surtout en cas d’allergie.
