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Attention aux dangers de replanter vos pommes de terre achetées au supermarché

Les risques liés à la replantation de pommes de terre du supermarché

Un sac de pommes de terre achetées en supermarché, oublié dans un placard, peut développer des germes blancs. Beaucoup de jardiniers débutants pensent alors à les planter pour obtenir une récolte gratuite. Cependant, ces tubercules ne sont pas destinés à la culture, et leur replantation peut poser des problèmes pour le potager sur le long terme.

En effet, ces pommes de terre ont suivi un parcours en stockage, subi des traitements, et leur état sanitaire n’est pas garanti. Leur utilisation comme semences peut entraîner des contaminations ou des infestations qui dureront plusieurs années.

Les dangers de planter des tubercules germés issus du commerce

Une pomme de terre est un organe de réserve vivant, qui germe naturellement lorsque la température et la lumière sont réunies. Que ces tubercules aient été conservés au frigo ou en rayon, des germes finiront toujours par apparaître. Les enterrer dans le sol peut sembler une solution simple, mais cela détourne un produit alimentaire de son usage prévu et peut impacter le sol du jardin.

La culture de la pomme de terre est déjà exigeante. Elle consomme beaucoup d’azote, de phosphore et de potassium, surtout lors de la tubérisation. Elle modifie aussi la structure du sol par le buttage et les arrosages réguliers. De plus, cette culture favorise l’installation de ravageurs spécifiques comme les doryphores, les nématodes à kystes ou les larves de taupins. Introduire des tubercules douteux dans ce contexte peut fragiliser l’ensemble du potager.

Les risques liés aux traitements et aux maladies

Pour maintenir leurs pommes de terre fermes et attrayantes dans le commerce, les producteurs utilisent souvent des inhibiteurs de germination, comme l’hydrazide maléique ou d’autres molécules qui ont remplacé le CIPC, interdit en Europe depuis 2020. Ces substances pénètrent dans le tubercule et empêchent ou retardent la germination.

Plantez ces tubercules, et vous introduisez dans le sol des résidus chimiques conçus pour perturber la physiologie des plantes. Ces produits peuvent aussi avoir un impact sur la microfaune du sol. Un guide du ministère de l’Agriculture du Nouveau-Brunswick rappelle d’ailleurs qu’il ne faut jamais utiliser ces pommes de terre traitées comme semences.

Autre problème : ces tubercules ne sont pas certifiés pour la culture. Elles peuvent contenir des maladies comme le mildiou, la gale commune, le rhizoctone brun ou des virus. Elles peuvent aussi héberger des nématodes à kystes, qui survivent plusieurs années dans le sol. Une contamination sérieuse oblige à éviter de cultiver des Solanacées (pommes de terre, tomates, poivrons, aubergines) sur la même parcelle pendant au moins trois ans. Une seule plante malade peut compromettre plusieurs saisons de cultures.

Que faire avec vos pommes de terre germées du supermarché ?

Pour limiter les risques, les experts recommandent de ne replanter que des pommes de terre bio, clairement indiquées comme « non traitées contre la germination », fermes, sans taches ni pourriture. Même dans ce cas, il faut inspecter soigneusement les tubercules et ne pas planter ceux qui sont abîmés ou malades.

Il est préférable de les placer dans un endroit isolé ou dans un bac, loin du reste du potager. Si les tubercules sont sains, ils peuvent aussi être consommés après avoir retiré les germes. Les tubercules pourris ou verdis doivent être éliminés, ou compostés si leur chair est saine.

Pour une culture sûre de pommes de terre, il est conseillé d’utiliser des plants certifiés. Ces tubercules sont produits sous contrôle, exempts de maladies réglementées, et sélectionnés pour la plantation. La période idéale pour les planter est lorsque la température du sol atteint 8 à 10 °C. La terre doit être meuble, riche en matière organique, et les tubercules doivent être plantés à 10-15 cm de profondeur, en laissant environ 30 cm entre chaque plant. Un pré-germage peut aussi favoriser un démarrage plus sûr.

Quelques règles simples à suivre :

  • Éviter d’enterrer des pommes de terre traitées antigerminatifs ;
  • Ne pas planter de tubercules mous, blessés ou moisis ;
  • Ne pas cultiver des Solanacées au même endroit après un problème de maladie ;
  • Privilégier des plants certifiés pour protéger le sol et les récoltes futures.

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